L’utopie des clairvoyants

Synthèse du 7 au 17 avril 2015

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Tendances globales
L’utopie des clairvoyants

Une jeunesse omnisciente inspire les commerciaux

Les jeunes de la génération Z sont soucieux de leur sphère privée. Aussi préfèrent-ils souvent les plateformes comme Snapchat et Whisper à Facebook. Par ailleurs, en 2014, un quart des jeunes de moins de 19 ans auraient résilié leur compte Facebook par souci de confidentialité. C’est que ces natifs des années 1990 ont un temps d’avance en termes de maturité sur leurs aînés au même âge. Grâce à Internet et aux réseaux sociaux, ces jeunes sont en effet très au fait de ce qui se trame à travers le monde et ont une perception fine des réalités socio-économiques actuelles. Plus lucides parce que plus matures… – mais toujours aussi crédules lorsque, pourfendant certaines valeurs capitalistes, ils pensent changer le monde à leur image. Toutefois, il est vrai que leur enthousiasme les place dans l’action – ce qui se traduit par un goût marqué du collectif mais aussi dans le refus du compromis. Les professionnels du design de services se plaisent à exploiter ces profils, en faisant de ces jeunes des co-créateurs avisés et susceptibles de doper les taux de conversion.

La « marge », cœur de cible des professionnels du tourisme

En raison du changement climatique, les forêts ont été plus fortement exposées ces dix dernières années aux risques d’incendie et de sécheresse. Pour la même raison, on constate aussi la migration de populations de ligneux et d’herbacés vers des régions ou altitudes aux températures désormais plus favorables à leurs développement, survie et reproduction. Selon l’AgroParisTech, l’INRA et le CNRS, les espèces végétales grimpent en moyenne de 29 mètres en altitude par décennie pour y trouver les meilleures conditions d’habitat. Accroissant les risques naturels et induisant la colonisation de nouveaux milieux par certaines espèces végétales, le changement climatique complique la réalisation d’un inventaire fiable des puits de carbone pour la période 2013-2020, visée par le Protocole de Kyoto. Reste que la forêt demeure un outil incontournable de lutte contre la pollution atmosphérique puisqu’elle absorbe une partie du dioxyde de carbone que nous produisons. En revanche, nous taisons fréquemment que la forêt rend bien d’autres types de services écosystémiques qui nous sont pourtant beaucoup plus familiers… lorsqu’accessibles. Détente et découverte de la nature sont des prestations forestières très appréciées de tous. L’attractivité visuelle de la forêt détermine d’ailleurs pour beaucoup l’aptitude de celle-ci de servir de cadre aux activités de loisirs en milieu extérieur. Pour que la forêt soit cet espace de bien-être pour le plus grand nombre, la disposition spatiale et l’aménagement des sentiers qui courent dans la forêt doivent permettre aux usagers d’y accéder sans restriction. En France, c’est le combat que mène l’Office national des forêts (ONF) depuis une trentaine d’années. Il a à son actif une soixantaine de sentiers accessibles à tous, dont une dizaine labellisés « Tourisme et handicap ». L’action d’organismes comme l’ONF ne doit pas nous faire oublier que l’accessibilité se décline aussi en termes de coûts et d’intérêt : aux Etats-Unis, les populations immigrées se montreraient moins sensibles aux aménités de la nature que les populations non-immigrées. Dès lors, fleurissent des actions d’initiation au camping ou à la pêche à des prix réduits pour instruire les immigrés à des pratiques culturelles qui ne sont pas forcément les leurs ni à la portée de leur bourse. Depuis peu, la valorisation des campagnes vise aussi la clientèle touristique citadine. On en veut pour preuve que Visit Britain et Visit Philadelphia promeuvent les environs des grands centres urbains dans l’espoir de redistribuer plus largement les retombées touristiques sur le territoire régional. Afin que la valeur des aménités locales profite au développement rural, il est nécessaire de veiller à ce que les coûts d’accès dus à l’isolement de ces agréments soient largement compensés par leur valeur. Autrement dit, plus l’attrait sera jugé attrayant, plus l’amateur d’agréments relativisera aisément les désagréments liés à l’éloignement de l’aménité. Il n’empêche, l’accès, notamment en transports en commun, reste un enjeu phare.

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