Tourisme accessible, les géants de l’e-tourisme s’en mêlent

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Tourisme accessible, les géants de l’e-tourisme s’en mêlent

Si elle ne concerne qu’une minorité silencieuse, la question de l’accessibilité n’en est pas moins importante. Au contraire, elle constitue bel et bien un enjeu sociétal qui concerne diverses franges de la population. Selon le dernier recensement de l’Office fédéral de la statistique (OFS), plus de 1,8 million de personnes vivraient à divers degrés en situation de handicap en Suisse. Suite au vieillissement démographique, les chiffres indiquent que les seniors – principal groupe exposé à des situations de handicap – représenteront un tiers de la population du pays en 2030.

Comme bon nombre de ses voisins, la Suisse accuse un retard notable en matière de législation. Les pouvoirs publics prennent des mesures qui vont dans le bon sens, mais leur application reste relative. La mise aux normes est lente et les infrastructures pour accueillir ce public trop peu nombreuses.

Outre l’inaccessibilité des lieux et des activités, les voyageurs en situation de handicap sont aussi confrontés à un déficit d’information. Pour ceux qui souhaitent organiser seuls leur séjour, mieux vaut donc s’armer de patience.

Alors que les institutions et les prestataires privés tardent à apporter des solutions concrètes, la clairvoyance des GAFA et NATU (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber) pourrait bien forcer le changement.

Après l’acquisition de la plateforme spécialisée Accomable fin 2017, Airbnb a ajouté dans la foulée 19 nouveaux critères d’accessibilité. Ces filtres permettront de mieux cibler la recherche et faciliter ainsi la réservation d’un logement approprié. Près de 1600 hébergements accessibles supplémentaires devraient être intégrés au catalogue d’ici peu.

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Source : Airbnb

Si elles se prolongent au-delà du stade expérimental, la technologie 3D et la réalité augmentée sur Airbnb pourraient considérablement améliorer l’expérience de réservation pour les voyageurs. La visite virtuelle permettrait de s’assurer que le bien soit vraiment conforme aux besoins.

Depuis juillet dernier, Google a entrepris une collecte de données à grande échelle pour répertorier les lieux accessibles aux fauteuils roulants. Désormais, Maps propose des choix d’itinéraires de transport en commun intégrant des rampes et des ascenseurs. Si cette fonctionnalité se limite pour l’heure à quelques grandes villes (Londres, Tokyo, Boston, Sydney, Mexico et New York), l’ambition affichée est bien plus vaste.

Il est possible d’imaginer qu’à terme l’accessibilité devienne un critère de référencement essentiel.

Au Québec, l’inclusion des personnes en situation de handicap est prise très au sérieux, notamment dans les activités de sport et de nature. L’organisme Kéroul, en collaboration avec l’Association québécoise pour le loisir des personnes handicapées, vient de publier un nouveau guide qui fournit des conseils pratiques (matériel, fournisseurs, formations, etc.) à l’adresse des prestataires de loisirs.

La branche touristique a-t-elle pleinement conscience du potentiel que représentent ces voyageurs ? Notre confrère GastroJournal soulignait il y a peu qu’environ 1,3 million de personnes en situation de handicap en Suisse sont potentiellement en mesure de voyager.

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